January
31
Que le temps passe vite ! Il y a un mois, nous étions encore avec Sandie pour fêter le nouvel an !
Après notre éprouvant voyage depuis le Brésil, nous sommes arrivés le dimanche 8 au matin à Sucre.
Nous avons sauté dans un taxi et avons retrouvé notre “maison” ! L’employée Erlinda n’en revenait pas ! Aucune chambre n’étant immédiatement disponible, nous avons laissé nos sacs à l’accueil et sommes partis à la recherche d’un petit-déjeuner… Ah oui, c’est vrai, tout est fermé le dimanche et la folle activité de la semaine laisse place aux rues quasi-désertes… Nous trouvons tout de même à nous restaurer dans un établissement occidental.
De retour et après avoir attendu dans “notre” salon une partie de la matinée, nous rejoignons joyeusement notre ancienne chambre, la numéro 11. Nous avons négocié pour le lendemain un transfert dans la 13, qui était la chambre de nos amis “les ptits suisses” ! Elle possède une entrée avec table, chaises et frigo, ainsi qu’une salle de bains privée et suffisamment de rangements pour vivre “comme à la maison”, sans avoir à fouiller dans les sacs. Le luxe ! Nous déballons rapidement toutes nos affaires pour prendre possession des lieux et nous ravitaillons au marché et au supermarché.
Ça y est, nous sommes installés comme des coqs en pâte et pouvons commencer à “travailler”. Eh oui, nous ne sommes pas venus ici pour nous la couler douce mais pour préparer le retour en Europe. Nous passons d’interminables heures à retravailler nos CV, construire nos réseaux sociaux professionnels sur le net, nous renseigner et nous former. Nous passons en moyenne 6 à 9 heures par jour sur les ordis là haut dans “notre” salon (personne d’autre ne le fréquente en général !) et cela 6 jours sur 7. Le dimanche, c’est repos et nous en profitons pour peindre quelques aquarelles et nous détendre.
Nous ne sortons pratiquement pas, sauf pour faire nos petites courses. De toute façon ici ce sont les grandes vacances. La vie culturelle relativement chargée que nous avions connue en novembre dernier a complètement disparu et nous espérons qu’elle reprendra en février avec la rentrée scolaire.
Au marché, nous achetons fidèlement tous nos légumes à celle que nous appelons entre nous “mamie” et qui nous appelle “mamita”·et “papito”
Nous avons aussi notre fournisseur officiel de miel et une autre mamie chez qui nous prenons le fromage frais. Pour les fruits, on fait un peu tourner tous les stands, en fonction des produits proposés et des prix parfois négociés. Nous avons le choix entre deux stands pour les oeufs et les prix à l’unité varient en fonction des calibres. Nous jetons notre dévolu sur les oeufs à 0,60 boliviano, d’une taille très correcte. Sur un des stands, la vendeuse a toujours son bébé pendu au sein, mais elle gère ! Par contre, elle ne va pas se rider en souriant…
Au supermarché, nous trouvons tout le complément nécessaire à une bonne alimentation et avons même trouvé de la viande de boeuf très correcte et du jambon cru importé d’Allemagne à un prix très abordable. Evidemment, nous nous sommes laissés tenter par un pot de Nutella (renouvelé…) et par du turon (recette espagnole de nougat). Nico a fait des cookies une fois, mais pas facile sans verre mesureur ou balance, et ce four au gaz, qu’on croirait chauffé par une bougie, n’est vraiment pas génial pour la cuisson…
Nous avons une autre raison pour ne pas trop sortir : il pleut souvent ! Du coup, on se planque et on échappe aux gouttes. Enfin… on y échappe presque ! En effet, on a des fuites dans l’entrée et quand il pleut la nuit, c’est un peu la piscine olympique le matin dans cette entrée (façon marseillaise, biensûr !)… Et puis quand ça sèche, il neige des petits bouts de peinture du plafond… charmant ! Même si les lieux sont propres ici (ce qui est loin d’être le cas dans tous les hostals), les patrons ne sont pas très préoccupés par le gros entretien…
Nous avons fait deux séances de ciné, dont une avec Erlinda et sa petite de 4 ans et demi, que nous avions invitées. La petite n’était jamais allée au ciné. Normal, sa mère ne gagne que 95 euros par mois (pour presque 100 heures de travail par semaine !) et elle travaille 7 jours sur 7, avec 15 jours de congés par an… Et par rapport à d’autres, elle n’est pas à plaindre. Le “SMIC”, pour ceux qui ont la chance de le toucher, tourne à 60 euros mensuels (pour un peu moins d’heures de travail que cette employée). Ah, pour sûr, on est TRES loin des acquis sociaux de la France ! Ici, les gens sont souvent obligés de vivre tous en famille ; ils n’ont pas le choix. Et on voit de nombreux petits vendeurs et vendeuses de tous âges dans la rue faire quelque sous avec des jus d’orange, des bonbons, des produits de leurs récoltes (patates, oignons, etc). Il y a encore beaucoup de misère et cela nous peine de voir des mendiants, petits enfants ou très vieux, qui ont l’air de venir de la campagne et vivent dans des conditions de malnutrition et d’hygiène inexistante. Nous avons bien acheté un magazine à un jeune cireur de chaussures, mais il y aurait tant à faire pour venir en aide à tout ce monde…
Ce qui nous a marqué, c’est aussi l’absence de jouets dans les mains des enfants. Nous n’avons pratiquement pas vu d’enfants avec des joujoux. Et dire que de nombreux petits occidentaux croulent sous les jouets, s’en désintéressent souvent et ne savent plus quoi en faire tellement ils en ont ! Il faudrait développer les partenariats entre écoles pour permettre l’envoi de jouets ici.
Parmi nos activités, il a fallu aussi nous rendre chez la police bolivienne pour faire une déclaration de piratage de carte bancaire. Eh oui, pas rigolo, mais une de nos cartes a été copiée au Brésil et frauduleusement utilisée là-bas juste après notre sortie du pays… Nous avons plus de 600 euros dehors et suivons la procédure (lente !) pour essayer de récupérer nos sous. Nous sommes amputés du moyen de retrait qui était le moins coûteux mais heureusement nous avons une deuxième carte bancaire pour finir le voyage. Nous sommes chanceux que ça ne se soit pas passé avant !
En janvier, nous avons dû régler quelques petits problèmes de santé aussi : sinusite pour nous deux et les yeux toujours infectés pour Nico. Les sinusites ont disparu avec les antibiotiques, mais pour les noei-noeils, c’est une autre affaire ! D’infectés, ils sont passés à irrités malgré les gouttes, et on espère un vrai rétablissement en février avec un nouveau traitement donné par l’ophtalmo. A suivre…
Nous avons une vie sociale assez réduite mais nous avons eu l’occasion de rencontrer, dans notre Casa de Huespedes “La Cadena”, la française Julie, le français Nico et le suisse Olivier (tiens-tiens, ces derniers prénoms ont l’air bien familiers…). Nous sommes allés manger tous les 5 un bon repas à l’Alliance Française et avons pris le café / mate de coca chez “le petit parisien”, un petit resto tenu par un français d’origine éponyme. C’était bien sympa ! En plus, ce n’est pas souvent que nous sommes amenés à parler français autour de nous.
Nous avons commencé à entendre les bandas, ces fanfares de jeunes musiciens, défiler dans les rues car le carnaval approche à grands pas. Même si l’on n’est pas au Brésil, le folklore est bel et bien présent dans les autres pays d’Amérique du Sud et en particulier en Bolivie. Apparemment, la fête la plus grande ici se déroule à Oruro, où nous étions passés en octobre avec Viviane et Gérard, lorsque nous étions en route pour Uyuni. Nous aurons peut-être l’occasion de voir quelques images sur la TV bolivienne.
Les jeunes ont déjà commencé à faire la fête en janvier et se sont adonnés au sport local (national ?) qui consiste à s’envoyer, d’un côté à l’autre de la rue, des globitos (petits ballons gonflables) remplis d’eau ! Pas facile de passer au travers !
Pour renouer un lien avec notre culture, nous avons profité de temps en temps de la télé par câble pour regarder TV5 monde : Thalassa, Des Racines et des Ailes, et quelques films français dont des classiques (Truffaut, Tavernier…). Mais dans l’ensemble on reste tous les deux très peu télé. On préfère les soirées lecture et jeux d’esprit amenés par Sandie
Nous ne pourrions pas parler du mois de janvier sans parler du “fou”… C’est un américain d’une trentaine d’années qui est arrivé à la Cadena deux ou trois jours après nous et qui était plutôt bizarre. Pas très propre sur lui, ayant un rythme de vie très particulier et des attitudes pour le moins étranges. Il avait un peu l’air d’une épave à vrai dire. On s’est même demandé s’il n’était pas en désintox… Il lui arrivait de se lever entre midi et deux et de nous demander, alors que nous étions attablés dans le patio, si c’était le petit-déjeuner ou le déjeuner… Il est apparu un “matin” avec un oeil au beurre noir, la lèvre sombre et enflée et des égratignures sur le visage. Il a voulu s’expliquer et a dit à Cynthia qu’il s’était fait tabasser la veille au soir en sortant d’une maison close… Il a ensuite essayé de s’excuser en disant : “ça ne te dérange pas au moins si je parle de prostitution ?”. Euh, en fait, je n’ai pas trop envie de savoir… Parfois, il sortait de sa tanière pour fumer tous les quarts d’heure… devant les ouvertures du bâtiment principal. Bien entendu, nous étions enfumés dans notre salon-bureau… et obligés d’aérer en grand ! Les employées nous disaient parfois qu’elles l’entendaient cuisiner à 3 heures du matin. Il mangeait en général des nuggets frits dans une demi-plaquette de beurre fondu et avait le culot de nous parler de nutrition !!! Bref, il n’était pas spécialement de bonne compagnie et est tout de même resté jusqu’à la fin du mois. On l’a évité tant qu’on a pu et on était bien contents de le voir partir, d’autant plus que le staff a retrouvé dans sa chambre une bonne partie du stock de tasses, assiettes et ménagère… ça faisait plusieurs jours que tout le monde galérait pour les repas ! Evidemment, ça devait être pour éviter de faire la vaisselle… En partant, il a apparemment dit au staff de l’hostal qu’il pensait revenir après son escapade à Cochabamba pour rejoindre un ami. 1/ Il a des amis ? 2/ Noooooon, ne reviens pas !!!
Plus de photos…
Cynthia