KnoP Niño y Chica en América Latina

Bercail 84-30

April 4

Après cette belle escapade, il est temps de rejoindre le Vaucluse et le Gard pour voir ma famille. Nous profitons de ces quelques jours pour continuer notre régime et nous empiffrer de bonne nourriture. Ma mère continue de nous régaler pendant ce séjour comme si nous n’avions pas mangé pendant toute cette année d’absence ! Il est temps pour moi de poser mon sac à dos, avec un peu d’émotion c’est vrai, et de troquer mes maigres affaires de KnoP contre des habits d’hiver pour affronter le climat anglais. Dur de se débarrasser de cet équipement qui ne nous a pas quitté pendant tous ces mois, qui nous a servi quotidiennement et qui a vu tant de pays et de lieux différents. Mais nous avons la conviction qu’il servira à nouveau un jour ;-)

Les anglais, comprenez Benoît, Sophie et Léna, nous ont rejoints pour passer quelques jours avec nous en France avant de nous emmener chez eux à Londres. A peine arrivés de l’aéroport, nous apprenons que les cloches de Pâques sont passées pendant notre absence et Léna nous aide à trouver rapidement une ribambelle d’œufs en chocolat avant qu’ils ne fondent sous un soleil déjà bien chaud.

N’ayant pas pu fêter l’anniversaire de notre mère en janvier tous ensemble, nous essayons de rattraper le retard en lui préparant une surprise et l’emmenons avec nous pour une destination inconnue d’elle. Nous n’allons pas très loin, à Beaumes-de-Venise où nous nous baladons le samedi après-midi pour nous poser le soir dans un restaurant sur la petite place du village. Nous passons ensuite la nuit dans un typique mas provençal où nous sommes accueillis comme des rois. Le lendemain matin, nous prenons la route de la Roque-Alric, que Gérard connaît bien pour l’avoir faite de nombreuses fois à vélo. Un bon petit week-end dépaysant, à quelques kilomètres de la maison !

Nos bagages et nos démarches en France sont enfin achevées quand nous prenons la route pour le Gard et terminer notre visite éclair en France. Nous retrouvons mon père et Marie-Jo que nous n’avons pas vus depuis bientôt un an et sommes intarissables d’anecdotes et d’histoires sur notre magnifique voyage. Nous poussons jusqu’aux Saintes-Marie-de-la Mer pour voir la Camargue que nous n’avions pas vu tous les 2 depuis de nombreuses années, alors que nous avons visité tant de régions à l’autre bout de la planète. Mais cela permet aussi de se rappeler qu’il y a de superbes paysages proches là d’où l’on vient…

Nous sommes enfin parés pour quitter notre terre natale et nous lancer dans une nouvelle aventure, avec encore plein d’images dans la tête : à nous l’Angleterre !

Nico

 

Bercail 06

March 23

Nous passons 2 semaines entre Nice, Cannes et Antibes, à profiter de mes parents et voir nos amis. On enchaîne les repas gastronomiques de « Noël en match décalé » et autres délices dont les nouvelles cellules graisseuses raffolent ! On sort aussi voir des amis au Kingdom, notre pub de prédilection à Cannes qui a bien changé (extension et fréquentation plus « cannoise » – entendez « bling-bling »). A part quelques paperasses (eh oui, on l’a dit, bienvenue au pays !) et visites médicales de routine, on court d’un rendez-vous à l’autre pour voir un maximum de monde, pour notre plus grand plaisir ! On se familiarise avec les transports publics locaux, tout de même plus confortables que la majorité de ceux qu’on a empruntés au cours du voyage. On passe faire une présentation PowerPoint de presque deux heures aux amis rotariens sur notre aventure latino-américaine. Que c’est agréable de retrouver toutes ces têtes connues !

Nous retrouvons avec joie les fromages français et le bon vin qui nous ont tant manqué ;)

Nous dormons dans quelques lits différents, histoire de ne pas trop rompre avec nos habitudes (75 lits pendant le voyage, tout de même !).

Contre toute attente, j’ai du mal à m’habiller avec mes vêtements de ville, récupérés chez Sylvain et Laurence (merci pour le stockage !) ; je garde les bons vieux réflexes de la baroudeuse en mode Décathlon (on ne se refait pas comme ça !).

On se remet brièvement à l’euro (« ça fait combien en bolivianos, ça ? ») et on trouve tout hors de prix :(   ; on se remet à jeter le papier toilette dans la cuvette et non dans une poubelle (trop bizarre) et tout est en français, même les affiches publicitaires (bizarre aussi !).

Enfin, on rassure tout le monde : on ne regrette pas une seconde d’avoir tout vendu et d’être parti faire ce voyage. D’ailleurs, malgré tout l’amour et toute l’amitié qu’on vous porte, on repart dans quelques jours pour aller voir l’herbe qui pousse ailleurs (et là où l’on va, pas de doute, il y en a !). Mais cette fois, on sera plus près et on espère bien avoir de la visite ! Chapeau tout de même à belle-maman et Gérard, ainsi qu’à ma sœur adorée, « le Jow » pour les intimes, d’être venus à l’autre bout de la Terre partager d’intenses moments avec nous.

 

Après ces quelques jours dans les Alpes Maritimes, il est temps de rejoindre la famille de Nico dans le Vaucluse et le Gard… avant le grand saut… dans les flaques anglaises !

 

 

Cynthia

Le trajet

March 7

Après avoir pris un taxi vers 14h depuis notre Hôtel A&B Internacional, nous arrivons à l’aéroport d’Ezeiza. Là-bas, on réussit à se faire lister parmi les passagers du vol de 18h10 pour Paris CDG et Nico CHEYLAN négocie même notre surclassement en classe premium avec le personnel de bord : c’est une classe intermédiaire, entre économique et business. Les sièges sont assez confortables mais malheureusement pas inclinables (il y a juste une partie qui s’incline dans le bas du dos et une autre qui se soulève pour soutenir les jambes). Le repas n’est pas mal du tout et on fait même l’apéro au Champagne, comme à l’aller ! On n’en n’avait pas bu entre-temps… Loin de rattraper en vol notre retard ciné de 2011, on se régale tout de même avec « Intouchables ».

A l’arrivée à CDG, vous ne devinerez pas quel est notre premier contact avec la France ! Une grève !!! Nos bagages arrivent sur le tapis avec deux heures de retard… Bienvenue au pays ! C’était bien les gars, entre autres, on sait pourquoi on ne reste pas !

On prend un vol pour Nice et Dad vient nous chercher pour nous ramener à Antibes tous les quatre ; la boucle est bouclée ! Mille mercis à Nico et Cécile d’avoir commencé puis terminé avec nous cette formidable aventure de presque 11 mois :) :)

Ce n’est pas sans larmes que le voyage se termine… trop d’émotions !

Mais nous sommes heureux de retrouver nos proches pendant 4 semaines en France, avant la nouvelle aventure londonienne.

Bientôt plus de photos…

Cynthia

 

Buenos Aires

March 6

Après un vol de trois heures, où nous étions flanqués de deux mamans et quatre enfants (plutôt sages finalement !), nous arrivons à Buenos Aires en milieu d’après-midi le 1er mars. Nous partageons un taxi avec une locale fort sympathique et retrouvons enfin Nico et Cécile à l’hôtel où nous allons partager une chambre quadruple pendant quelques jours. C’est comme dans un rêve : on les a quittés en avril au Mexique et on les retrouve en mars de l’année suivante en Argentine ; c’est comme si c’était hier… mais on a fait et vu tellement de belles choses entre temps ! Un rêve éveillé…

Pendant trois jours de beau temps, nous visitons les quartiers de la ville aux 17 millions d’habitants, située au bord du large Rio de la Plata qui constitue une frontière naturelle avec l’Uruguay. Nous commencerons par le quartier de la Recoleta, assez huppé, et son fameux cimetière qui abrite des tombes de généraux renommés et autres personnalités, comme l’emblématique Evita, un temps première dame du pays et jouée par Madonna dans le film éponyme. Nous visitons ensuite le musée des beaux arts situé dans le même quartier puis nous dirigeons, après un frugal pique-nique dans un jardin avoisinant, vers le quartier chic Retiro. Nous y trouvons l’Ambassade de France, avant de rejoindre l’immense gare ferroviaire et un peu plus loin la Torre Monumental, petite sœur de Big Ben et cadeau de la communauté anglaise à la ville. A une époque, cette horloge monumentale donnait l’heure officielle du pays (comme le fait encore Big Ben à Londres à ce jour). Nous espérions pouvoir monter en haut pour avoir une vue plongeante sur la ville, mais ce n’est malheureusement pas possible, pour des raisons de sécurité. Dommage, on aime bien prendre de la hauteur !

Nous traverserons ensuite le quartier Micro-Centro et sa longue rue piétonne Florida, avant de faire une pause bien méritée à l’hôtel, puis de ressortir dîner à quelques encablures et réserver notre soirée spectacle de tango argentin pour la veille du départ.

Notre destination suivante est le célèbre quartier populaire de la Boca (ce nom me dit quelque chose… avec un autre « c », on en a un à Cannes aussi ! J’avais d’ailleurs songé un temps à un jumelage de quartier, dans une autre vie…). C’est un quartier très typique de Buenos Aires et très coloré, où l’on voit le mythique stade de football, devant lequel trônent des étoiles au sol (dont celle de Diego Maradona), de grandes fresques murales, expression d’un art urbain décomplexé, et de jeunes couples habillés en danseurs de tango qui proposent aux touristes de poser avec eux pour quelques pesos aux pieds des maisons de tôle peinte. Ce quartier très vivant comprend de nombreuses boutiques de souvenirs mais aussi un immeuble très moderne qui abrite le musée PROA. Ce dernier est malheureusement dépourvu d’exposition en ce moment mais nous pourrons profiter de la vue qu’il permet d’avoir sur la darse depuis sa cafétéria, et d’un tour dans sa librairie colorée aux nombreux livres d’art.

Nous visiterons le célèbre quartier de San Telmo, réputé pour son orientation typique et Tango, en deux fois. La première en visitant le Museo de Arte Moderno, ainsi que la place Dorrego et quelques marchés d’antiquaires et églises. Nous remonterons la rue Defensa, bien calme… La deuxième en revenant le dimanche « sur les lieux du crime », `pour les voir envahis de stands d’artisanat ou de puces et de chalands, de musiciens et autres artistes de rue. Un bon bain de foule et de bonne humeur ! Nous déjeunerons une bonne viande au Desnivel, restaurant célèbre pour ses parillas (prononcées « parichas » en espagnol argentin et signifiant grills).

Entre San Telmo et notre hôtel situé au centre, nous verrons aussi la Casa Rosada, maison du gouvernement, qui doit son nom à la peinture rosée qui la caractérise et est issue d’une vieille tradition d’utilisation du sang de taureau comme composant de peinture, ainsi que la Plaza de Mayo et l’avenida de Mayo, nommées d’après la révolution de mai 1810 qui a précédé l’Indépendance, et en haut de cette avenue le Congreso Nacional, siège du parlement. Ce dernier bâtiment emprunte son style architectural au Congrès des U.S.A. Également dans le centre-ville trône l’Obélisque, au beau milieu de l’immense avenue du 9 juillet.

Nous visitons également le quartier du port et ses nombreuses darses, bordées de grues de levage et de bâtiments tantôt en briques, tantôt très contemporains. Un navire à voile exposé là a fait quarante fois le tour de la Terre avant de servir aux marins argentins pour leur formation militaire. C’est aujourd’hui devenu un musée flottant. Un superbe pont rotatif blanc et futuriste vient aussi orner les lieux, dont la qualité de l’eau laisse à désirer. En effet, cette eau marron et opaque provient du « fleuve d’argent » (!) sus-cité, chargé d’alluvions et de déchets humains… Pas très propre tout ça ! D’ailleurs, nous apprendrons un peu plus loin, au bord de la « plage » jonchée de détritus que l’on trouve à la réserve écologique située non loin du récent quartier d’affaires, que les eaux sont impropres à la baignade. C’est sous un soleil de plomb que nous profitons de ce coin de nature, caractérisé notamment par les belles herbes de la pampa. Nous y verrons même un colibri venir se nourrir dans un arbre couvert de fleurs. Dans le quartier d’affaires, un ancien silo a été reconverti en hôtel avec l’aide du designer Stark. Il ne se visite malheureusement pas.

Très près de notre hôtel, nous fréquentons plusieurs fois un paseo, passage piéton très vivant et proposant une offre variée de cafés, restaurants, terrasses et spectacles humoristiques. Nous y prendrons un verre et dînerons une autre fois un plateau de tapas exclusivement composé de charcuterie et de fromage, accompagné de bière ou de Chardonnay. A quelques jours du retour en France, c’est tricher !

Les deux derniers jours de visite, nous aurons un temps bien maussade et qui tournera même à l’averse soutenue ! Juste de quoi s’attraper une bonne petite crève pour le retour, pour ceux qui ne l’avaient pas déjà… Grrr

Nous pourrons néanmoins visiter le quartier plus éloigné de Palermo et ses nombreux jardins : jardin botanique près de la place d’Italie puis jardin du 3 février, animé par des oies blanches, après avoir longé le jardin zoologique et entrevu une girafe et quelques autruches derrière les grilles bien fermées ce jour-là. On est loin des animaux sauvages évoluant en toute liberté aux Galapagos…

Nous visiterons également le Palacio de Aguas Corrientes qui présente dans son petit musée un historique de l’arrivée de l’eau courante à Buenos Aires, les premiers plans hydrographiques de la zone, des dessins de réseaux et installations, des robinetteries et anciens WC et raccords. Le bâtiment, qui sert toujours pour le service commercial de l’eau, possède une architecture assez remarquable.

Impossible de parler de Buenos Aires sans parler de tango argentin. C’est pour notre dernière soirée que nous assisterons à un magnifique spectacle dans la salle du sous-sol du célèbre établissement Tortoni. Un vrai régal pour les yeux et les oreilles ! Cinq musiciens, trois couples de danseurs, deux danseurs de flamenco et un chanteur de tango nous enchanteront pendant plus d’une heure avec un spectacle de grande qualité. Comme nous avons réservé plusieurs jours à l’avance, nous occupons une table du premier rang et sommes donc aux premières loges pour nous laisser envoûter… Encore une fois, nous n’attendons pas le retour en France pour… boire enfin du Champagne ! Une soirée rythmée et mémorable. Les artistes reprendront même quelques notes de Gotan Project, ce groupe porteño (de Buenos Aires) qui a remis le tango à la mode hors des frontières argentines ;)

 

Notre dernière destination nous aura donné un bref aperçu de l’Argentine et l’envie de revenir un jour pour voir le reste de ce pays si grand et si contrasté. J’aurais presque pu rencontrer l’autre Cynthia CABROL, mais cette argentine vit plus au Nord, dans la région de l’Entre Ríos. Une autre fois peut-être ?

Bientôt plus de photos…

Cynthia

 

Février à Sucre

February 29

Durant notre deuxième mois à Sucre, on a vraiment eu l’impression de faire partie des meubles. On était installé depuis plus de trois semaines et on avait notre petit confort, nos petites habitudes, nos échanges amicaux avec une partie du staff. Ah oui, je dis “une partie”, car une des nouvelles employées est restée discrète et même relativement antipathique (elle ne disait pas bonjour et répondait à peine lorsqu’on la saluait)… de quoi nous faire regretter nos chères petites Erlinda et Eliana. Les voyageurs sont venus puis partis et nous avons sympathisé avec quelques uns d’entre eux. Comme nous, nombreux sont ceux qui sont tombés sous le charme de la ville et de La Cadena et ont choisi de rester plus longtemps que prévu.

Entre autres, nous avons bien blagué avec quelques français tout au long du mois (il y en a eu beaucoup !). Tout d’abord Nicolas, Julie et Olivier le suisse, avec qui nous avons partagé un délicieux déjeuner à l’Alliance Française ; puis Luce et Sébastien, les bretons, avec qui nous avons notamment parlé beaux-arts et pâtisserie, et enfin Jean-Philippe et Ariane, qui sont au début d’un long voyage qui les mènera jusqu’au Canada, pour ne mentionner qu’eux. Nous avons aussi un peu échangé avec un américain un peu plus âgé, journaliste de son état et résident canadien, que nous avions déjà rencontré ici au mois de janvier et qui écrit actuellement un livre sur le thème “voyage et politique”.

 

Nous avons un peu levé le pied sur la préparation de notre “rentrée” professionnelle, en travaillant cinq jours par semaine et non plus six. Nous avons donc eu plus de temps libre pour peindre et nous nous en sommes donnés à coeur-joie ;)

 

Nous avons eu globalement un temps un peu meilleur qu’en janvier, avec quelques belles journées ensoleillées en début et en fin de mois. Notre plafond s’est encore dégradé avec la pluie, faisant osciller l’entrée de notre chambre entre piscine privée et sol recouvert de copeaux de peinture blanche… Les patrons ont bien pris conscience qu’il fallait faire des travaux mais ils vont attendre la fin de la saison des pluies.

 

L’épisode le plus rigolo a été celui du carnaval. Les boliviens profitent de ces quelques jours pour faire “la guerre de l’eau” : tout le monde sans exception envoie de l’eau sur les autres passants. Les enfants s’en donnent à coeur-joie, sans pitié pour les touristes ; les adultes et les personnes âgées se défendent bien aussi ! L’arme la plus courante est le “globito”, petit ballon gonflé d’eau qui tient dans la main et vole dans tous les sens. Les gosses (mais pas qu’eux !) utilisent aussi de nombreux modèles très colorés de mitraillettes à eau. Depuis les balcons et les terrasses, les bouteilles, bassines et autres seaux sont aussi de la partie. Il y en a qui envoient du lourd !!! Pour nous défendre et pour faire partie de la fête, nous avons acheté au marché un paquet de 100 globitos et les avons remplis d’eau puis jetés de notre hostal sur les “bandas” (groupes de musiciens qui défilent dans les rues) et autres passants, comme il est coutume de le faire. On avoue, à part quelques jets depuis la porte d’entrée, on n’a pas pris trop de risques et on a attaqué depuis la terrasse ! Pas très courageux, mais très rigolo ! On a même visé les gosses d’en face qui balançaient des litres d’eau en bas, pour que justice soit un peu faite… ils n’ont pas su d’où ça venait !

 

Nous avons un peu guetté les panneaux d’affichage en ville, mais pas le moindre signe d’expositions ou concerts… dommage ! On était resté sur une très bonne impression en novembre concernant la vie culturelle à Sucre, et on en redemandait…

 

Nous avons eu deux bonnes nouvelles administrative et financière : le renouvellement de notre visa à la “migración” pour 30 jours de plus en Bolivie et le remboursement intégral de l’argent qui nous avait été volé début janvier avec la contrefaçon d’une de nos cartes bancaires. Ouf !

 

Jusqu’au dernier jour, nous nous sommes régalés de fruits exotiques (maracuya, chirimoya…) et de figues et avons fait une consommation quasi-quotidienne d’avocats (parfois deux par jour !). Sur le mois entier, nous n’aurons finalement fait que deux sorties resto : cuisine française à l’Alliance Française et une bonne fondue suisse au “Bistro Jolie”.

 

Nous avons fait une deuxième séance de ciné, cette fois juste tous les deux, pour aller voir “Las aventuras de Tintin“. C’était bien chouette ! Les autres films proposés ne nous intéressaient pas trop donc on s’en est tenu à ça.

 

Épuisés par notre remontée à Sucre en janvier, qui avait pris plusieurs jours en bus, nous avions acheté des vols pour quitter le pays. Nous sommes donc descendus tout d’abord à Santa Cruz pour un jour, où nous avons retrouvé tous nos repères et avons profité d’un dernier almuerzo (déjeuner) bolivien et d’une visite à la maison de la culture, avant de prendre un vol pour notre dernière destination de ce voyage : Buenos Aires, la capitale de l’Argentine.

Plus de photos…

Cynthia

Janvier à Sucre

January 31

Que le temps passe vite ! Il y a un mois, nous étions encore avec Sandie pour fêter le nouvel an !

Après notre éprouvant voyage depuis le Brésil, nous sommes arrivés le dimanche 8 au matin à Sucre.

Nous avons sauté dans un taxi et avons retrouvé notre “maison” ! L’employée Erlinda n’en revenait pas ! Aucune chambre n’étant immédiatement disponible, nous avons laissé nos sacs à l’accueil et sommes partis à la recherche d’un petit-déjeuner… Ah oui, c’est vrai, tout est fermé le dimanche et la folle activité de la semaine laisse place aux rues quasi-désertes… Nous trouvons tout de même à nous restaurer dans un établissement occidental.

De retour et après avoir attendu dans “notre” salon une partie de la matinée, nous rejoignons joyeusement notre ancienne chambre, la numéro 11. Nous avons négocié pour le lendemain un transfert dans la 13, qui était la chambre de nos amis “les ptits suisses” ! Elle possède une entrée avec table, chaises et frigo, ainsi qu’une salle de bains privée et suffisamment de rangements pour vivre “comme à la maison”, sans avoir à fouiller dans les sacs. Le luxe ! Nous déballons rapidement toutes nos affaires pour prendre possession des lieux et nous ravitaillons au marché et au supermarché.

Ça y est, nous sommes installés comme des coqs en pâte et pouvons commencer à “travailler”. Eh oui, nous ne sommes pas venus ici pour nous la couler douce mais pour préparer le retour en Europe. Nous passons d’interminables heures à retravailler nos CV, construire nos réseaux sociaux professionnels sur le net, nous renseigner et nous former. Nous passons en moyenne 6 à 9 heures par jour sur les ordis là haut dans “notre” salon (personne d’autre ne le fréquente en général !) et cela 6 jours sur 7. Le dimanche, c’est repos et nous en profitons pour peindre quelques aquarelles et nous détendre.

Nous ne sortons pratiquement pas, sauf pour faire nos petites courses. De toute façon ici ce sont les grandes vacances. La vie culturelle relativement chargée que nous avions connue en novembre dernier a complètement disparu et nous espérons qu’elle reprendra en février avec la rentrée scolaire.

Au marché, nous achetons fidèlement tous nos légumes à celle que nous appelons entre nous “mamie” et qui nous appelle “mamita”·et “papito” ;-) Nous avons aussi notre fournisseur officiel de miel et une autre mamie chez qui nous prenons le fromage frais. Pour les fruits, on fait un peu tourner tous les stands, en fonction des produits proposés et des prix parfois négociés. Nous avons le choix entre deux stands pour les oeufs et les prix à l’unité varient en fonction des calibres. Nous jetons notre dévolu sur les oeufs à 0,60 boliviano, d’une taille très correcte. Sur un des stands, la vendeuse a toujours son bébé pendu au sein, mais elle gère ! Par contre, elle ne va pas se rider en souriant…

Au supermarché, nous trouvons tout le complément nécessaire à une bonne alimentation et avons même trouvé de la viande de boeuf très correcte et du jambon cru importé d’Allemagne à un prix très abordable. Evidemment, nous nous sommes laissés tenter par un pot de Nutella (renouvelé…) et par du turon (recette espagnole de nougat). Nico a fait des cookies une fois, mais pas facile sans verre mesureur ou balance, et ce four au gaz, qu’on croirait chauffé par une bougie, n’est vraiment pas génial pour la cuisson…

Nous avons une autre raison pour ne pas trop sortir : il pleut souvent ! Du coup, on se planque et on échappe aux gouttes. Enfin… on y échappe presque ! En effet, on a des fuites dans l’entrée et quand il pleut la nuit, c’est un peu la piscine olympique le matin dans cette entrée (façon marseillaise, biensûr !)… Et puis quand ça sèche, il neige des petits bouts de peinture du plafond… charmant ! Même si les lieux sont propres ici (ce qui est loin d’être le cas dans tous les hostals), les patrons ne sont pas très préoccupés par le gros entretien…

Nous avons fait deux séances de ciné, dont une avec Erlinda et sa petite de 4 ans et demi, que nous avions invitées. La petite n’était jamais allée au ciné. Normal, sa mère ne gagne que 95 euros par mois (pour presque 100 heures de travail par semaine !) et elle travaille 7 jours sur 7, avec 15 jours de congés par an… Et par rapport à d’autres, elle n’est pas à plaindre. Le “SMIC”, pour ceux qui ont la chance de le toucher, tourne à 60 euros mensuels (pour un peu moins d’heures de travail que cette employée). Ah, pour sûr, on est TRES loin des acquis sociaux de la France ! Ici, les gens sont souvent obligés de vivre tous en famille ; ils n’ont pas le choix. Et on voit de nombreux petits vendeurs et vendeuses de tous âges dans la rue faire quelque sous avec des jus d’orange, des bonbons, des produits de leurs récoltes (patates, oignons, etc). Il y a encore beaucoup de misère et cela nous peine de voir des mendiants, petits enfants ou très vieux, qui ont l’air de venir de la campagne et vivent dans des conditions de malnutrition et d’hygiène inexistante. Nous avons bien acheté un magazine à un jeune cireur de chaussures, mais il y aurait tant à faire pour venir en aide à tout ce monde…

Ce qui nous a marqué, c’est aussi l’absence de jouets dans les mains des enfants. Nous n’avons pratiquement pas vu d’enfants avec des joujoux. Et dire que de nombreux petits occidentaux croulent sous les jouets, s’en désintéressent souvent et ne savent plus quoi en faire tellement ils en ont ! Il faudrait développer les partenariats entre écoles pour permettre l’envoi de jouets ici.

Parmi nos activités, il a fallu aussi nous rendre chez la police bolivienne pour faire une déclaration de piratage de carte bancaire. Eh oui, pas rigolo, mais une de nos cartes a été copiée au Brésil et frauduleusement utilisée là-bas juste après notre sortie du pays… Nous avons plus de 600 euros dehors et suivons la procédure (lente !) pour essayer de récupérer nos sous. Nous sommes amputés du moyen de retrait qui était le moins coûteux mais heureusement nous avons une deuxième carte bancaire pour finir le voyage. Nous sommes chanceux que ça ne se soit pas passé avant !

En janvier, nous avons dû régler quelques petits problèmes de santé aussi : sinusite pour nous deux et les yeux toujours infectés pour Nico. Les sinusites ont disparu avec les antibiotiques, mais pour les noei-noeils, c’est une autre affaire ! D’infectés, ils sont passés à irrités malgré les gouttes, et on espère un vrai rétablissement en février avec un nouveau traitement donné par l’ophtalmo. A suivre…

Nous avons une vie sociale assez réduite mais nous avons eu l’occasion de rencontrer, dans notre Casa de Huespedes “La Cadena”, la française Julie, le français Nico et le suisse Olivier (tiens-tiens, ces derniers prénoms ont l’air bien familiers…). Nous sommes allés manger tous les 5 un bon repas à l’Alliance Française et avons pris le café / mate de coca chez “le petit parisien”, un petit resto tenu par un français d’origine éponyme. C’était bien sympa ! En plus, ce n’est pas souvent que nous sommes amenés à parler français autour de nous.

Nous avons commencé à entendre les bandas, ces fanfares de jeunes musiciens, défiler dans les rues car le carnaval approche à grands pas. Même si l’on n’est pas au Brésil, le folklore est bel et bien présent dans les autres pays d’Amérique du Sud et en particulier en Bolivie. Apparemment, la fête la plus grande ici se déroule à Oruro, où nous étions passés en octobre avec Viviane et Gérard, lorsque nous étions en route pour Uyuni. Nous aurons peut-être l’occasion de voir quelques images sur la TV bolivienne.

Les jeunes ont déjà commencé à faire la fête en janvier et se sont adonnés au sport local (national ?) qui consiste à s’envoyer, d’un côté à l’autre de la rue, des globitos (petits ballons gonflables) remplis d’eau ! Pas facile de passer au travers !

Pour renouer un lien avec notre culture, nous avons profité de temps en temps de la télé par câble pour regarder TV5 monde : Thalassa, Des Racines et des Ailes, et quelques films français dont des classiques (Truffaut, Tavernier…). Mais dans l’ensemble on reste tous les deux très peu télé. On préfère les soirées lecture et jeux d’esprit amenés par Sandie ;-)

Nous ne pourrions pas parler du mois de janvier sans parler du “fou”… C’est un américain d’une trentaine d’années qui est arrivé à la Cadena deux ou trois jours après nous et qui était plutôt bizarre. Pas très propre sur lui, ayant un rythme de vie très particulier et des attitudes pour le moins étranges. Il avait un peu l’air d’une épave à vrai dire. On s’est même demandé s’il n’était pas en désintox… Il lui arrivait de se lever entre midi et deux et de nous demander, alors que nous étions attablés dans le patio, si c’était le petit-déjeuner ou le déjeuner… Il est apparu un “matin” avec un oeil au beurre noir, la lèvre sombre et enflée et des égratignures sur le visage. Il a voulu s’expliquer et a dit à Cynthia qu’il s’était fait tabasser la veille au soir en sortant d’une maison close… Il a ensuite essayé de s’excuser en disant : “ça ne te dérange pas au moins si je parle de prostitution ?”. Euh, en fait, je n’ai pas trop envie de savoir… Parfois, il sortait de sa tanière pour fumer tous les quarts d’heure… devant les ouvertures du bâtiment principal. Bien entendu, nous étions enfumés dans notre salon-bureau… et obligés d’aérer en grand ! Les employées nous disaient parfois qu’elles l’entendaient cuisiner à 3 heures du matin. Il mangeait en général des nuggets frits dans une demi-plaquette de beurre fondu et avait le culot de nous parler de nutrition !!! Bref, il n’était pas spécialement de bonne compagnie et est tout de même resté jusqu’à la fin du mois. On l’a évité tant qu’on a pu et on était bien contents de le voir partir, d’autant plus que le staff a retrouvé dans sa chambre une bonne partie du stock de tasses, assiettes et ménagère… ça faisait plusieurs jours que tout le monde galérait pour les repas ! Evidemment, ça devait être pour éviter de faire la vaisselle… En partant, il a apparemment dit au staff de l’hostal qu’il pensait revenir après son escapade à Cochabamba pour rejoindre un ami. 1/ Il a des amis ? 2/ Noooooon, ne reviens pas !!!

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Cynthia

Retour à Sucre

January 8

Autant le dire tout de suite, nous savons que le trajet qui doit nous ramener à Sucre va être long ! Même préparés, nous stressons un peu en imaginant ce par quoi nous devons passer. En effet, la solution de l’avion s’avère très rapidement beaucoup trop onéreuse, disons 4 fois plus chère que par le bus. La difficulté est de savoir par où passer pour faire Porto Alegre – Sucre en Bolivie !? Même en demandant ici à la gare routière de Porto Alegre, personne ne semble capable de nous renseigner… Livrés à nous même, nous souhaitons nous rendre directement à Asunción au Paraguay. Malheureusement le seul bus direct au départ de Porto Alegre ne part que dans 5 jours ! Ne souhaitant pas croupir ici à attendre, nous choisissons un bus pour… Curitiba où parait-il les bus en direction d’Asunción sont plus fréquents. Ce n’est que plus tard que nous réaliserons le détour que cela nous fait faire. Il aurait été certainement beaucoup plus rapide de nous rendre directement à nouveau à Foz do Iguazu puisqu’en passant par Curitiba nous serons de toutes façons tenus de repasser par Foz do Iguazu…

Tant pis, après un long trajet de 14 heures, nous arrivons dans la ville de Curitiba que nous connaissons déjà. Ne sachant pas trop où atterrir pour seulement une halte de 12h, nous petit-déjeûnons pour un prix modique à l’hôtel où nous étions descendus quelques jours auparavant squattons ensuite le hall pendant quelques heures. Dans notre grand détour, nous aurons au moins cette pause durant laquelle nous pourrons mettre à jour notre album photo sur internet, sachant qu’après, les connexions en Bolivie seront très médiocres.

On enchaîne un nouveau petit trajet de nuit de presque 20h pour atteindre Asunción le 3 janvier. Le passage de la frontière paraguayenne n’a été qu’une formalité. On vient d’enchaîner notre deuxième nuit consécutive dans un bus. La fatigue et l’inconfort dû à l’absence de douche commencent à se faire sentir (!). Nous sommes toutefois encore obligés d’attendre notre prochain bus dans la gare dénuée de charme de la capitale du Paraguay. Nous n’aurons fait qu’un passage express dans ce pays puisque quelque 5h plus tard nous reprenons un bus de nuit pour atteindre enfin le lendemain la Bolivie. Le trajet, des plus éprouvants, l’a encore plus été au passage de la frontière. Les postes d’immigration Paraguayens et Boliviens sont séparés de plusieurs centaines de kilomètres, au milieu de la grande plaine de Chaco, un no man’s land impressionnant. C’est côté Bolivien que les choses se gâtent. Alors que nous faisons la queue pour obtenir notre tampon dans le passeport et approchons de l’officier chargé de le délivrer, on nous repousse en fin de queue afin de faire passer en priorité les dernières personnes du bus précédent. Un peu énervés, nous patientons paisiblement le temps que TOUS les passagers de TOUS les bus soient passés et nous présentons les derniers devant un officier particulièrement excité par 2 mennonites qui semblent l’avoir poussé à bout. Nous en ferons les frais puisqu’il ne nous accorde qu’un délai de 30 jours en Bolivie. Nous lui expliquons que nous nous sommes bien renseignés et qu’une nouvelle année débutant, nous sommes en droit d’obtenir 90 jours. En réponse, il nous chasse du bureau comme des malpropres. Nous réalisons sur l’instant que nous sommes en train d’effectuer un trajet record de 5 jours quasi non-stop avec plus de 50h effectives de bus pour retourner dans un endroit où nous ne pourrons peut-être rester qu’un mois alors que nous comptions nous y reposer 2 mois. Sans grande surprise, la fatigue aidant, une petite déprime est en train de s’installer.

Le pouvoir du tampon…

Ne voulant pas effectuer à nouveau le très pénible et long trajet qui mène de Santa Cruz à Sucre, nous tentons de nous arrêter avant Santa Cruz, dans la petite ville de Villamontes pour couper et tracer directement à Sucre par Camiri. Bien mal nous en a pris ! Il s’avère que tous les bus qui vont à Sucre, font l’énorme détour en passant par la plaque tournante de Santa Cruz. Nous sommes donc condamnés à attendre le bus du lendemain matin. Fort heureusement, cette halte forcée nous permet de faire dégonfler les jambes, prendre une bonne grosse douche bien méritée et de passer une nuit dans un vrai lit. Ça ne nous était pas arrivé depuis 3 jours…

A repasser par Santa Cruz, nous décidons d’y faire une petite halte, le temps de couper un peu plus notre interminable itinéraire qui doit nous mener à Sucre. Le temps de trouver un petit ordinateur portable à un prix abordable et nous pouvons enfin embarquer pour notre destination finale. Une nouvelle nuit dans un bus, sur ce trajet de 16h que nous redoutions, à juste titre, et nous voilà enfin de retour, après une semaine exténuante, dans cette petite ville que nous avions tant appréciée lors de notre premier séjour de 15 jours au mois de novembre. Ouf !

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Nico

 

Porto Alegre

January 1

Nous arrivons au matin dans la grande gare de bus et de métro de Porto Alegre. Porto Alegre avec ses quelques 1,5 millions d’habitants possède en effet une seule ligne de métro qui traverse la ville. Chargés tous les 3 de nos lourds sacs à dos, nous remontons quelques blocs bien raides en plein centre-ville pour enfin trouver notre hébergement. Ce coup-ci, nous ferons chambres séparées. Sandie a sa chambre au-dessus de la nôtre.

Nous nous renseignons dès notre arrivée auprès de l’office du tourisme pour savoir ce qu’il va se passer pour le 31. Après nos déboires du réveillon de Noël, nous voulons mettre toutes les chances de notre côté pour ne pas rester en plan pour ce dernier jour de l’année. Apparemment, un gros concert aura lieu en bord de mer, près d’une usine désaffectée. Par sécurité, nous décidons d’aller nous balader dans le quartier afin de voir de quoi il retourne… Au passage, nous nous arrêtons visiter un petit musée gratuit de l’armée. Comme il est peu fréquenté, nous nous permettons quelques photos comme si nous étions en plein champ de bataille. Plus vraies que nature !

La balade le long de l’eau marron représente peu d’intérêt, à part celui de nous dégourdir les jambes, ce que nous apprécions grandement après toutes ces heures de bus. Au bout de cette longue promenade se trouve la Fondation Iberê Camargo dans laquelle nous passons du bon temps, en profitant entre autre de la splendide architecture du bâtiment pour faire quelques photos artistiques et comiques. Chaque recoin de l’établissement a eu droit à son lot de photos originales.

Pour le 31, nous programmons une journée légère pour être en forme pour la soirée qui nous fera basculer en 2012. Il fallait s’y attendre, il se met à pleuvoir fort dans l’après-midi et nous devons nous réfugier dans nos appartements, inquiets pour la soirée à venir. Heureusement, le temps se dégage et nous fêtons ça dignement avec un repas de réveillon d’anthologie… pique-nique tous les 3 sur notre lit !!! Moment décalé et inoubliable pour sûr, alors que l’on pense à la France qui s’apprête à franchir la nouvelle année. Nous avons mis pour l’occasion nos plus beaux habits, à savoir un débardeur blanc acheté spécialement en Bolivie, pour la modique somme de 2€, puisque c’est la couleur de mise pour cet événement au Brésil.

Le repas vite englouti, nous sommes obligés d’enfiler un vêtement par dessus nos beaux effets blancs pour sortir, car malheureusement la pluie a bien rafraîchi l’atmosphère… Pour rejoindre le lieu de la fête nous traversons une ville déserte, avec il est vrai, un peu d’inquiétude. Une fois sur place, la fête commence sur une magnifique scène montée pour l’occasion. Même si nous aurions aimé une musique dans l’ensemble un peu plus typique, quelques airs de samba ont permis à la foule de se déhancher en rythme. A l’approche de minuit, le terrain est entièrement envahi par une foule en liesse. A notre grande surprise, quasiment personne n’est vêtu de blanc ! Nous sommes presque les seuls, touristes, à avoir joué le jeu. Coutume qui ne doit plus être d’actualité semble-t-il…

Quelques heures avant de basculer nous avons déjà fêté à nous 3 le passage de la France et ensuite de l’Angleterre dans la nouvelle année. Les quelques brésiliens proches de nous se demandant si nous sommes bourrés pour célébrer avec quelques heures d’avance la nouvelle année.

A minuit pile, une sorte de faux champagne jaillit de tous les côtés et nous asperge. C’est un peu tous collants et sentant fortement la vinasse que nous retraversons la ville au milieu d’une foule qui n’est pas restée bien longtemps pour faire la fête. En tout cas, nous nous estimons heureux de n’avoir pas subi de nouvel épisode pluvieux cette nuit-là.

Au réveil, la première journée de l’année 2012 commence sous une pluie battante. C’est donc dans une certaine morosité ambiante que les sacs à dos sont préparés pour notre dernière journée au Brésil. Sandie doit embarquer dans son avion qui la ramènera en France. Nous, de notre côté, après mûres réflexions, nous avons décidé de changer nos plans en n’allant pas en Patagonie comme prévu. Le budget de départ ayant été un peu amputé avec notre inoubliable séjour aux Galápagos, il a fallu en effet revoir notre itinéraire et pour cela nous avons fait le choix de finir ce voyage par un peu de tranquillité dans un lieu qui nous avait tout particulièrement séduits. Retour un peu plus au nord, direction la Bolivie et sa splendide capitale culturelle et constitutionnelle… Sucre !

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Nico

 

Foz do Iguaçu

December 28

Une nuit de plus dans un bus. Nous nous demandons si nous ne dormons pas plus souvent en roulant, que bien immobiles au fond d’un vrai lit. Nous avons prévu une visite assez expresse des chutes et pour commencer nous choisissons le côté brésilien, le plus facile à atteindre depuis notre QG pour deux jours. Étant arrivés assez tôt le matin, nous pouvons nous permettre d’enchaîner directement et avec un petit bus nous atteignons le site. Il est un peu difficile au milieu de ces plaines immenses d’imaginer des chutes d’eau vertigineuses. Une longue file d’attente nous attend à l’entrée, au bout de laquelle un incessant flot de bus continue de déverser son lot de touristes. Nous n’avons d’autre choix que de prendre notre mal en patience et de faire comme tout le monde. Après une bonne heure d’attente, nous parvenons enfin à passer les barrières derrière lesquelles un bus nous attend. Lâchés peu après, nous pouvons enfin commencer à admirer les gigantesques chutes au loin. Par un petit chemin, où ça se bouscule un peu, nous approchons peu à peu des cascades impressionnantes, tellement le débit est important. Un chemin longe ensuite une succession de cascades plus grandioses les unes que les autres pour arriver enfin sur une vue exceptionnelle sur la Gorge du Diable où des milliers de mètres cube d’eau se déversent dans un brouhaha assourdissant. Spectacle saisissant. Nous sommes sur une plate-forme, située à mi-hauteur entre les chutes, au bout d’un pont qui s’étire comme un serpent.

Après toutes ces chutes d’eau vues sous différents angles nous nous demandons ce que peut nous apporter de plus le côté Argentin et hésitons à revenir le lendemain. Ayant fait un gros détour au Brésil pour arriver jusqu’à Iguaçu, nous décidons quand même de passer la frontière le jour suivant.

Heureusement, de ce côté-ci, l’attente est beaucoup moins longue. Nous embarquons à bord d’un petit train. Au rythme effréné de 5km/h (!), on a largement le temps d’admirer le paysage en se disant que l’on aurait mieux fait de se dégourdir les jambes et de marcher. En comprenant le manège à effectuer à l’arrivée du premier tronçon (sortir du train pour y remonter après avoir de nouveau fait la queue !), nous n’hésitons pas à choisir cette autre solution. Bien nous en a pris puisque nous sommes arrivés avant le train et avons donc pu admirer les chutes depuis en haut, avant la cohue. Depuis une plate-forme surplombant la gigantesque cascade, nous admirons dans un vacarme assourdissant la rivière se précipiter quelques dizaines de mètres plus bas. Tout ce mouvement crée une sorte de nuage brumisateur qui nous rafraîchit sous le soleil de plomb. Une verdure luxuriante borde la rivière en contrebas et attire une multitude de petites hirondelles qui profitent de l’humidité ambiante pour survoler les remous. Même s’il faut parfois jouer des coudes pour accéder aux différentes plate-formes disposées sur tout le site, l’attraction demeure spectaculaire.

Nous continuons à nous balader le long des nombreux chemins pour admirer sous différents angles les multiples chutes d’eau. La nature est très bien préservée sur l’ensemble du site, si l’on fait abstraction de l’imposant hôtel Sheraton, qui pour offrir une vue imprenable à ses clients, s’est installé au-dessus des chutes. Il gâche évidemment la vue magnifique de ceux qui n’y résident pas…

Le retour en minibus tarde un peu, et c’est avec un peu de stress que nous nous précipitons au terminal de bus qui doit nous amener à l’autre terminal, situé à l’extérieur de la ville. Tout ne se passe pas comme prévu et Nico, foncièrement agacé par la nonchalance des locaux, pique une bonne crise au milieu d’une foule interdite. Même si ça n’a rien résolu, au moins les nerfs ont été calmés ! Il aura fallu faire appel à un taxi, sans s’être fait rembourser les billets de bus de ville… Définitivement nous aurons toujours une bonne montée d’adrénaline à chaque trajet vers une nouvelle destination. Les joies du voyage…

Notre ultime destination « en famille » se situe complètement au sud du Brésil, dans la ville de Porto Alegre où nous devons passer les derniers jours de 2011.

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Nico

 

Curitiba

December 26

Après 16h de bus et les jambes bien enflées, nous arrivons enfin à 13h à Curitiba, bien fatigués. On ne cherche pas bien loin et on se pose dans le premier hôtel en face de la gare. La ville de Curitiba, malgré ses presque 2 millions d’habitants, possède un charmant centre-ville. Noël étant tout proche, elle s’est décorée de quelques illuminations et autres sapins. Mais dans l’ensemble, les commerçants ne semblent pas porter plus d’attention que ça à l’événement. On semble bien loin du gros battage commercial en France pour inciter le chaland à acheter tout et n’importe quoi, sous prétexte de faire plaisir à ses proches, et ainsi nous enfoncer un peu plus dans notre bonne société de consommation. Ici, tout reste plutôt sobre, même si nous apprenons lors de notre petite balade que Curitiba serait LA ville de Noël au Brésil. Nous nous attendons donc à en prendre plein les yeux.

Mais avant de fêter l’arrivée du Christ, on s’offre une petite visite gratuite dans le Musée d’Art Contemporain (certains diront que ça commence à devenir une habitude…). Plus loin, les ruelles pavées et piétonnes sont l’endroit idéal pour que certains artistes viennent exposer leurs œuvres, ajoutant au charme de ce centre-ville bien animé.

Sentant le temps tourner à notre désavantage, nous retournons nous réfugier dans nos quartiers et nous préparer pour un réveillon de Noël complètement improvisé. Malheureusement, le temps ne fait qu’empirer et c’est entièrement couverts sous nos vêtements de pluie que nous sortons à nouveau à l’assaut de la ville en fête. Et là, grosse surprise : pas un chat dans la rue. Nous prenons un bus et demandons au chauffeur de nous déposer dans un endroit où des restaurants peuvent être ouverts. Étant confiants dans notre portugais, nous ne comprenons pas bien pourquoi il nous regarde avec un air dubitatif. C’est lorsqu’il nous lâche dans un quartier où il n’y a pas âme qui vive que nous réalisons. Et la pluie continue de tomber. Après un tour de quelques pâtés de maison il a fallu nous rendre à l’évidence, tout est fermé dans LA ville de Noël LE soir de Noël… Ce serait bien que nous trouvions quand même de quoi manger ! La seule option qui s’offre à nous : le restaurant d’un hôtel Ibis où se trouvent quelques brebis égarées. Tant pis, nous en ferons partie. Ce Noël sera définitivement décalé.

Après un repas correct, mais sans plus, et la pluie s’étant calmée, nous repartons dans le centre en espérant pouvoir assister à une messe de minuit. Dans un pays aussi fervent, le spectacle doit être inoubliable. En effet, nous garderons un souvenir indélébile des fameuses messes de minuit puisque toutes les églises sont éteintes et fermées. Au moins, nous n’étions pas dérangés pour admirer les quelques (magnifiques) illuminations de la rue principale. Décidément, nous allons devoir mettre les bouchées doubles pour le réveillon de la nouvelle année !

Évidemment, après un réveillon aussi festif, il fallait s’attendre à ce que le repas de Noël se termine au Mc Do du coin. Aussi incroyable que cela puisse paraître, même l’enseigne de Ronald est fermée ce jour-là. Ça doit être une coalition. Tant pis, nous nous rabattons sur Giraffas dans un centre commercial, à peu près le seul endroit ouvert par ce jour de fête. Nous sommes ahuris par le nombre de familles qui y viennent en ce jour. Pas de doute, nous ne sommes définitivement pas en France où ces fêtes de fin d’année doivent se terminer par des excès de ripaille. Après avoir attendu plus d’une heure, on finit par nous servir un plat plus que médiocre. De rage, nous nous vengeons sur le glacier d’à côté. Nous avons au moins pu faire morfler notre foie pour ces fêtes ! Une petite marche vers le jardin japonnais pour digérer tout ça, sous la pluie bien sûr, et nous retournons nous réfugier dans notre hôtel. Nous rêvions d’un Noël en tongues, short et repas pantagruélique ; nous nous sommes nourris comme nous avons pu, en Gore-tex et vêtements chauds…

Au moins, nous n’avons pas fait de folies et, après une journée de visites avec le bus touristique de la ville, nous sommes d’attaque pour reprendre la route et aller à Iguaçu voir les célèbres chutes.

Plus de photos…

Nico

 

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